Maltraitance envers les aînés

 

Le meilleur ami de la violence, c'est le silence. Toute personne victime de violence ou de négligence doit se confier à une personne fiable : son médecin, une personne-ressource du CLSC ou d'un organisme communautaire, un ami.

Cherchez de l'aide, même si ce n'est pas facile, c'est important. Une personne témoin de violence commise à l'endroit d'une personne âgée ne doit pas garder le silence. Elle peut s'adresser à son CLSC pour des conseils et l'aide nécessaire. 

Si la personne âgée court un grave danger ou pour les situations d'urgence, il y a lieu d'alerter la police en composant le 9-1-1.

Voici une liste de ressources complémentaires qui peuvent fournir de l'aide :

 

La ligne sans frais INFO ABUS1 888 489 2287
Le site internet INFO ABUSLien
Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretaités (AQDR)Lien
Le Réseau FADOQLien 
Le Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes1 800 465-2433
La Commission des droits de la personneLien 
La Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînéesLien 

 

Les abus, la négligence et la violence envers les personnes âgées

La violence exercée à l’endroit des personnes âgées constitue un problème grave, complexe et sous-estimé. Selon les statistiques, 10 % des personnes âgées de plus de 65 ans sont victimes de violence. Parmi ces personnes, un seul cas sur cinq serait déclaré, d’où l’importance de demeurer à l'affût de toute situation laissant croire qu'une personne âgée est victime de violence afin de l’aider à briser le silence et à demander de l’aide.

La violence se manifeste par une action parfois directe, parfois indirecte, destinée tantôt à contraindre la personne âgée, tantôt à lui porter atteinte physiquement, psychologiquement ou moralement. Dans tous les cas, quelle qu'en soit la forme – négligence, abus physique, abus psychologique ou abus financier - et quel qu'en soit l'auteur, la violence limite la liberté des personnes qui en sont victimes.

 

La négligence

Faire preuve de négligence envers une personne âgée, c'est ne pas subvenir adéquatement à ses besoins tant sur les plans physique, psychologique, affectif que spirituel. La négligence provient parfois d’un manque d'information ou d’une mauvaise connaissance des soins à donner à la personne âgée. Cependant, elle s’exerce aussi par omission volontaire, c’est-à-dire qu’on omet délibérément de fournir des soins ou une assistance à la personne âgée. L'âgisme, qui consiste à entretenir et à véhiculer des préjugés négatifs à l'égard du vieillissement et des personnes âgées, constitue également une forme de négligence.

 

Les différentes formes d’abus

Les abus physiques se traduisent par des douleurs et des blessures infligées délibérément, souvent de façon subtile, par exemple, en faisant tomber une personne âgée dont l'équilibre est déjà instable. Au nombre des abus physiques figurent également l’usage excessif de contentions physiques et de médicaments ainsi que les agressions de nature sexuelle.

Les abus psychologiques et émotifs, pour leur part, se manifestent par de l'agressivité verbale, des insultes et de l'infantilisation. L'isolement, la privation de chaleur humaine, de relations sociales et de spiritualité constituent d’autres formes d’abus psychologiques.

Enfin, les abus les plus fréquemment rapportés sont ceux d’ordre financier. Concrètement, il s’agit de vols, de détournements de fonds, de procurations frauduleuses, de ventes de biens forcées, de refus de rembourser un emprunt, etc.

 

Qui sont les victimes ?

Les hommes autant que les femmes, les aînés des milieux aisés autant que ceux des milieux défavorisés peuvent en être victime. Personne n'est à l'abri de la maltraitance!

 

Qui pose ces gestes ?

Les gestes de maltraitance sont souvent posés par des gens en qui on a confiance. Il peut s'agir d'un voisin, d'un fournisseur de services, d'un intervenant ou de toute autre personne en relation avec l'aîné. La plupart des études révèlent que les situations les plus usuelles de maltraitance à domicile sont celles qui impliquent un enfant adulte ou un conjoint.

 

Savoir reconnaître les indices de la maltraitance

La maltraitance est complexe et se produit rarement au vu et au su d'observateurs et de témoins. Comme la violence familiale, elle a tendance à devenir plus fréquente et plus grave avec le temps.

 

Quoi faire si vous croyez qu’un aîné est victime de maltraitance ?

  • Assurez-vous de pouvoir parler à l'aîné seul à seul afin de vérifier ce qu'il pense de sa situation.
  • Prenez le temps de l'écouter et ne le jugez pas.
  • Dites-lui qu'il ne mérite pas d'être traité ainsi et qu'il n'est pas responsable de ce qui lui arrive. Encouragez-le à dénoncer, à porter plainte.
  • Proposez-lui de solliciter l'aide d'un professionnel (un psychologue, un intervenant du CLSC).
  • Parlez-en à un intervenant en appelant Info-Social, la Ligne Aide Abus Aînés ou votre CLSC.

 

Ne banalisez pas la maltraitance ! Les conséquences pour la victime peuvent être graves !

  • Honte, humiliation, tristesse, colère.
  • Peur, détresse psychologique.
  • Isolement, marginalisation.
  • Pauvreté, diminution de la qualité de vie.
  • Blessures, maladies, dégradation de l'état de santé général.
  • Dépression, suicide, mort précoce.

 

Des victimes silencieuses

Même si aucune personne âgée n'est à l'abri des abus et de la violence, les risques semblent plus sérieux lorsque ces dernières sont vulnérables et jouissent de peu d’autonomie. Toutes les victimes partagent alors un trait en commun : le silence. Ignorant leurs droits et à qui s'adresser, craignant des représailles, d'envenimer le conflit ou, pire, d’être abandonnées, elles nient le problème, gardent le silence, camouflent leurs blessures.

Selon les études les plus récentes, l'auteur d'abus ou de négligence à l'égard d'une personne âgée :

  • Est un membre de la famille dans 86 % des cas;
  • Vit avec la victime dans 75 % des cas;
  • Est le conjoint de la victime et prend soin d'elle depuis 9 ans en moyenne dans 40 % des cas et depuis plus de 20 ans dans 10 % des cas.

Même si, dans la très grande majorité des cas, les auteurs de ces comportements violents envers les personnes âgées gravitent dans l'entourage familial de la victime, il peut s'agir aussi :

  • Des aidantes et aidants naturels ou de connaissances;
  • Du personnel soignant d'un établissement ou d'un organisme;
  • Du personnel offrant des services et soins à domicile. 

Très souvent, des personnes de l'entourage savent ou se doutent qu'une personne âgée est victime de violence. 

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