Qualité de l’eau potable
- L’alimentation en eau potable
- Effets potentiels sur la santé
- L’eau des puits domestiques
- L’eau des sources en milieux naturels
L’alimentation en eau potable
En Abitibi-Témiscamingue, la majorité de la population est alimentée en eau potable par un réseau d’aqueduc municipal ou privé. Toutefois, environ 25 % des résidents s’approvisionnent en eau potable à partir d’un puits domestique (ou puits individuel). Conformément au Règlement sur la qualité de l'eau potable (REQP), le gestionnaire du réseau d’aqueduc (généralement la municipalité) a l’obligation légale d’assurer la conformité de l’eau distribuée. Dans le cas d’un puits domestique, cette responsabilité incombe directement au propriétaire.
Pour le milieu de travail, l’entreprise a également des obligations à respecter en termes de qualité d’eau potable, qu’elle soit responsable ou non d’un système de distribution.
Certaines situations peuvent amener un responsable de réseau d’aqueduc à émettre un avis d’ébullition ou de non-consommation de l’eau et à informer la population concernée.
Pour en savoir plus, consultez :
Effets potentiels sur la santé
Les risques pour la santé associés à la présence de contaminants dans l’eau (microbiologique ou chimique) peuvent être multiples et varient selon la nature, la concentration des substances détectées et la durée d’exposition.
Le fait de consommer une eau contaminée par les bactéries peut entraîner des effets qui s’apparentent généralement à ceux de la gastro-entérite : nausées, vomissements, diarrhée et maux de ventre. Les enfants, les personnes âgées et celles dont le système immunitaire est affaibli sont les plus vulnérables.
Une consommation régulière et sur une longue durée d’une eau contaminée par des substances chimiques, dont les métaux, peut occasionner des effets sur la santé, notamment chez les personnes les plus vulnérables, ou augmenter les risques de contracter un cancer.
Il ne faut pas se fier à la couleur ou au goût de l’eau pour juger de sa qualité. Certains contaminants sont invisibles et ne goûtent rien.
Pour en savoir plus, consultez :
- Effets sur la santé des contaminants de l'eau potable
- Fiches synthèses sur l'eau potable et la santé humaine
L’eau des puits domestiques
Ce n’est pas parce que l’eau est d’apparence claire, sans odeur ni goût particulier, que sa consommation est sans risque pour la santé. L’eau de puits peut être contaminée par des bactéries, des métaux et minéraux ou des nitrites-nitrates. Pour prévenir les problèmes de santé, il est essentiel de faire analyser la qualité de l’eau de votre puits. Il peut être nécessaire d’effectuer différents types d’analyses selon les situations et les moments de l’année.
Consultez la liste des laboratoires accrédités.
Moments clés pour l’analyse de l’eau du puits
Analyse physicochimique complète
Une analyse physicochimique complète au moins une fois pendant la période d’utilisation du puits
Idéalement, la première analyse devrait être effectuée dès le forage du puits ou lors de l’acquisition d’une nouvelle propriété. Cette précaution est essentielle, car la contamination par les métaux peut passer inaperçue à l’œil nu. En Abitibi-Témiscamingue, plusieurs contaminants chimiques, tels que le manganèse, l’arsenic et l’uranium, peuvent être naturellement présents dans le sous-sol et l’eau souterraine. Par ailleurs, certaines activités humaines peuvent également contribuer à la dégradation de la qualité de l’eau.
Une fois faite, il n’est pas nécessaire de répéter cette analyse à court terme puisque la présence de ces contaminants n’a pas tendance à varier énormément avec le temps.
Analyse microbiologique
Une analyse microbiologique au moins deux fois par an
Si une analyse complète de l’eau n’est nécessaire que tous les dix ans, un autre type d’analyse devrait faire partie de la routine printanière de tous les propriétaires de résidences alimentées par un puits domestique : il s’agit de l’analyse microbiologique. Celle-ci permet de déceler la présence de bactéries et autres micro-organismes susceptibles de nuire à la santé.
Cette analyse se répète entre le printemps et l’automne, idéalement après une période de pluie abondante, d’inondation ou de dégel.
Les installations situées près de certaines rivières et plans d’eau, plus susceptibles d’être inondées par la montée des eaux, sont plus vulnérables aux infiltrations et aux risques de contamination. Et, contrairement à ce que plusieurs croient, les puits artésiens peuvent aussi être contaminés.
Autres moments clés
D’autres analyses au besoin
Si votre eau change soudainement de goût, d’odeur ou d’apparence, ou si des modifications sont apportées au puits ou au sol environnant, comme des travaux, une nouvelle analyse de l’eau serait recommandée et pourrait être plus ciblée.
Également, selon les résultats de votre première analyse, vous pourriez être amené à surveiller certains paramètres plus spécifiquement.
Pour en savoir plus, consultez :
- Où, quand et comment faire analyser l’eau de votre puits
- L’eau de mon puits : Pour ma santé et celle de mes proches, je la fais tester!
Que faire en cas de contamination bactériologique ou chimique?
Contamination bactériologique
En cas de contamination bactériologique, il est recommandé de faire bouillir l’eau au moins une minute avant de la consommer. La désinfection du puits est également nécessaire pour corriger le problème.
Contamination chimique
En cas de contamination chimique, il est recommandé d’utiliser une autre source d’eau potable, comme l’eau en bouteille, en attendant d’installer un système de traitement approprié à la problématique et conforme aux normes NSF/ANSI. Faire bouillir l’eau ou de désinfecter le puits ne permet pas d’éliminer les contaminants chimiques. De plus, certains traitements pour améliorer l’apparence de l’eau (exemple : adoucisseur, filtre au charbon actif, filtre au sable vert, etc.) n’éliminent pas les principaux risques à la santé.
Pour en savoir plus, consultez : Que faire si votre eau contient des contaminants
Besoin d’aide pour comprendre vos résultats?
Utilisez l’outil d’aide pour interpréter les résultats d’analyse d’eau dans la section Comprendre les résultats de votre analyse d’eau ou contactez l’équipe de santé environnementale (coordonnées en bas de la page).
Projet d’analyse volontaire des puits domestiques en Abitibi-Témiscamingue
Résultats du projet depuis 2015
Ce projet a été mis sur pied par les organismes de bassins versants (OBV) de la région en collaboration avec le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue. Une partie des frais d’analyse était remboursée si le participant acceptait de leur transmettre les résultats. Cette cueillette de données a permis de bâtir une base de données régionale pouvant être diffusée.
Ainsi, entre 2015 et 2025, l’eau de 500 puits répartis dans l’ensemble de la région a été analysée. L'analyse démontre qu’un puits sur deux présentait au moins un paramètre non conforme selon les normes du Règlement sur la qualité de l'eau potable. Plus précisément, un puits sur trois présente une eau non conforme pour des contaminants chimiques, tels que le manganèse, l’arsenic ou l’uranium. Concernant les bactéries, comme l’espèce Escherichia coli (E. coli), c’est un puits sur cinq qui s’affiche non conforme.
- Graphique des dépassements chimiques et microbiologiques
- Carte des dépassements en arsenic et manganèse
- Pour consulter l’ensemble des résultats, référez-vous à la présentation Qualité de l'eau des puits domestiques en Abitibi-Témiscamingue | 10 ans de données analysées dans le cadre d'un projet régional
Programme de soutien à l’analyse de l’eau
Pour inciter les propriétaires de puits résidentiels à passer à l’action, une réduction de 30 % est offerte sur les frais d’analyse. Cette initiative vise à favoriser la surveillance de la qualité de l’eau. Elle est réalisée en collaboration avec les organismes de bassins versants (OBV) de la région, qui assurent un accompagnement technique auprès des citoyens. La Direction de santé publique apporte également son soutien pour comprendre les résultats et proposer des conseils aux participants.
Pour prendre part au projet et bénéficier du soutien financier offert, veuillez compléter le formulaire Projet volontaire d'analyse d'eau de puits ou communiquer avec :
- OBV Abitibi-Jamésie
- OBV du Témiscamingue
- Direction de santé publique (coordonnées en bas de la page)
Pour en savoir plus sur la procédure, consultez la page Acquisition de connaissance sur l'eau potable - Organisme de bassin versant du Témiscamingue.
Pour en savoir plus sur les puits domestiques, consultez :
L’eau des sources en milieux naturels

À l’instar des puits domestiques, l’eau des sources en milieux naturels peut également être contaminée par des bactéries ou des métaux. Or, les sources n’ont pas de propriétaire et il n’y a pas d’encadrement prévu pour vérifier leur qualité, ainsi que le respect des normes de potabilité. Pourtant, certaines personnes ont pour habitude d’y prélever leur eau de consommation pour des usages ponctuels ou réguliers. Cette pratique peut représenter un risque pour la santé.
Projet d’analyse des eaux des sources en milieux naturels en Abitibi-Témiscamingue
Présentation du projet
Le CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue a réalisé un projet régional exploratoire durant l’année 2024, en collaboration avec le Groupe de recherche sur l’eau souterraine (GRES) de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Il s’agissait de documenter la qualité de l’eau des sources de la région et d’identifier les risques potentiels pour la santé. Une série de trois campagnes d’échantillonnage a eu lieu entre le printemps et l’automne afin d’en évaluer la potabilité selon les critères du Règlement sur la qualité de l'eau potable et de Santé Canada.
Principaux résultats
L’analyse des résultats a permis d’identifier les principaux contaminants de l’eau des sources échantillonnées aux trois campagnes (21) et de comparer leur variation saisonnière :
- Pour les contaminants bactériologiques, une source sur trois présentait des résultats non conformes pour les trois campagnes d’échantillonnage. Les résultats ont présenté un pic de contamination durant l’été, où plus de la moitié des sources dépassaient les normes bactériologiques. Durant le printemps et l’été, près d’une source sur quatre était contaminée par la bactérie coli, ce qui peut représenter un risque important pour la santé.
- Pour les paramètres chimiques, des dépassements pour le manganèse ont été observés pour 14 % des sources échantillonnées. Toutes les sources respectaient les normes de potabilité pour l'arsenic et l'uranium.
Ce projet représente une analyse ponctuelle de l’eau, soit un portrait à un moment précis. Ainsi, l’absence de contamination ne peut être garantie en tout temps.
Recommandations
Considérant la vulnérabilité de l’eau des sources en milieux naturels à la contamination microbiologique, la Direction de santé publique (DSPu) recommande d’éviter ce type d’approvisionnement pour la consommation d'eau.
Si la consommation de l’eau d’une source est vraiment nécessaire, comme en cas de situation d’éloignement et de risque de déshydratation, il est recommandé de faire bouillir l’eau au moins une minute avant de la boire ou de l’utiliser pour la préparation des repas et des breuvages. Cela permet d’éliminer les bactéries et autres pathogènes. Si l’ébullition est impossible, il est alors recommandé d’utiliser une méthode de filtration (ex. filtre portatif certifié aux normes NSF/ANSI), combinée à une méthode de désinfection (ex. : capsule de chlore).
Afin de réduire les risques liés à l’utilisation de l’eau des sources, d’autres mesures pourraient être envisagées, comme :
- Installer une pancarte d’information du type Consommation à vos risques, la qualité de l’eau n’est pas vérifiée.
- Protéger l’environnement autour des sources d’eau et éliminer toute forme de contamination (ex. : dépotoirs sauvages, déversements en tout genre).
- Surveiller et entretenir les aménagements de prélèvements d’eau.
- Laver et stocker adéquatement les bidons et autres contenants pour le transport de l’eau prélevée, pour éviter que ces derniers ne contaminent l’eau. Un endroit frais et à l’abris du soleil permet de réduire la multiplication des bactéries.
Pour en savoir plus sur le sujet, consulter :
- Le rapport du projet d’analyse des eaux des sources
- Les rapports du GRES - Projet d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines de l’Abitibi-Témiscamingue : Partie 1 et Partie 2.
- Eau souterraine 101 de la SESAT.
Vous avez des questions?
Vous pouvez contacter un professionnel en santé environnementale de la Direction de santé publique du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue :
- Par téléphone : 819 764-3264, poste 46000
- Par courriel : 08.cisssat.sante.environnement@ssss.gouv.qc.ca