Études de biosurveillance sur l’imprégnation à l’arsenic de la population du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda

Études de biosurveillance sur l’imprégnation à l’arsenic de la population du quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda (2018 et 2019)

À l’automne 2019, la Direction de la santé publique (DSPu) de l’Abitibi-Témiscamingue a mené une étude de biosurveillance visant à mesurer la quantité d’arsenic dans les ongles des résidents du quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda. Elle faisait suite à une étude antérieure réalisée en 2018 auprès d’enfants du même quartier âgés de 9 mois à moins de 6 ans, laquelle a révélé qu’ils étaient en moyenne quatre fois plus imprégnés à l’arsenic que ceux résidant à Amos.

L’étude de 2019 a été mise sur pied pour documenter l’imprégnation à l’arsenic de l’ensemble de la population du quartier Notre-Dame.

 

Caractérisation préliminaire des sols à l’arsenic, au cadmium et au plomb dans le périmètre urbain de Rouyn-Noranda

 

Constats de l’étude de biosurveillance de 2019 :

  • Les concentrations d’arsenic dans les ongles des citoyens du quartier Notre-Dame sont en moyennes quatre fois plus élevées que celle observée auprès de la population témoin d’Amos, qui n’est pas exposée à des sources industrielles d’arsenic.
  • Parmi les participants du quartier Notre-Dame, ceux résidant plus près de la Fonderie Horne ont en général des concentrations plus élevées d’arsenic dans les ongles.
  • Autant dans le quartier Notre-Dame qu’à Amos, les concentrations d’arsenic unguéal sont significativement plus élevées chez les enfants que chez les adultes et d’autant plus chez les jeunes enfants, ce qui concorde avec la littérature scientifique sur le sujet, laquelle s’appuie sur les différences physiologiques et comportementales entre les enfants et les adultes pour expliquer cet écart.
  • Une imprégnation plus élevée à l’arsenic peut entraîner une augmentation du risque cancérigène et plus la période d’exposition est longue, plus ce risque s’en trouve augmenté. Cependant, à partir d’une concentration d’arsenic dans les ongles, il n’est pas possible de prédire les effets à la santé qui sont susceptibles de survenir en lien avec cette imprégnation.

 

Recommandations du rapport final de l’étude menée en 2019

L’étude de biosurveillance menée à l’automne 2019 visait à caractériser l’imprégnation à l’arsenic de l’ensemble de la population du QND et ainsi apporter un éclairage complémentaire à l’étude réalisée en 2018 auprès d’enfants du même quartier âgés de 9 mois à moins de 6 ans, laquelle révélait qu’ils étaient en moyenne quatre fois plus imprégnés à l’arsenic que ceux résidant à Amos, une population non exposée à des sources industrielles de ce contaminant ou à une source de contamination via l’eau potable[1].

Les résultats de cette seconde étude (2019) vont dans le même sens que la première (2018). Ils font également état de concentrations dans les ongles en moyenne quatre fois plus élevés que celles observées auprès de la population témoin d’Amos. L’étude indique également que si la proximité des habitations avec le complexe industriel de Glencore Fonderie Horne peut avoir un effet à la hausse sur les concentrations d’arsenic unguéal observées, il est important de retenir que cette différence significative d’imprégnation est observée sur l’ensemble du QND.

Considérant l’importance du potentiel toxique et cancérigène de l’arsenic et du fait que certains des effets qui lui sont associés sont sans seuil, il importe de diminuer le plus possible l’imprégnation de la population du QND à ce contaminant, et ce, spécialement si l’exposition est continue dans le temps ou amplifiée synergiquement avec d’autres métaux, tels que le plomb et le cadmium, comme c’est le cas dans ce quartier.

Face à ces conclusions, la DSPu maintient les recommandations du rapport de l’étude de biosurveillance de 2018 (voir Annexe 5 - Recommandations du rapport de biosurveillance de 2019) et soutient que les actions mises en place par Glencore Fonderie Horne, de même que celles des autres acteurs clés[2] doivent être poursuivies. Cette diminution de l’imprégnation passe par une intensification de la réduction des émissions d’arsenic à la source et par des mesures d’assainissement des sols.

En terminant, il est essentiel d’énoncer que les études de biosurveillance menées en 2018 et en 2019 ont permis de dresser un portrait de l’imprégnation qui servira de portrait initial dans le cadre d’un suivi longitudinal visant l’absence de différence significative entre l’imprégnation à l’arsenic de la population du QND et celle d’une population non exposée à des sources industrielles d’arsenic. L’étude qui sera réalisée auprès des enfants de passage en 2021 constituera la dernière étape servant à établir ce portrait de référence.

Note 1 : Il est à rappeler que la population du quartier Notre-Dame n’est pas exposée à de l’arsenic à partir du réseau d’aqueduc de la ville de Rouyn-Noranda.
Note 2 : Dans le cadre du rapport de l’étude de 2018 (Bilodeau, 2019), la DSPu a notamment recommandé à la ville de Rouyn-Noranda de mettre en place des mesures de mitigation dans le QND afin de diminuer l’imprégnation des citoyens. Voir Annexe 5 - Recommandations du rapport de biosurveillance de 2019.

 

Plus de documents d’information à télécharger :

 

Préoccupations ou questions

Vous avez des préoccupations ou des questions sur votre santé ou en lien avec les actions menées par la Direction de santé publique quant à la situation du quartier Notre-Dame ? Vous pouvez communiquer avec l’équipe de santé environnementale de la Direction de santé publique :

Par téléphone : 819 764-4600           Par courriel : 08_cisssat_biosurveillance@ssss.gouv.qc.ca

Les demandes provenant de journalistes doivent être adressées à l’équipe des communications.

 

Foire aux questions (FAQ), vous avez une question sur…

 

 

Qu'est-ce que la biosurveillance?

La biosurveillance permet de mesurer les substances chimiques de notre environnement présentes dans le corps humain. Le sang, l’urine, les cheveux ou les ongles peuvent être analysés afin d’évaluer le degré d’imprégnation d’une personne à diverses substances. La présence de contaminants dans l’environnement ne se traduit pas nécessairement par leur absorption dans le corps humain. La biosurveillance permet la mesure réelle et objective de l’imprégnation.

 

Documents

Pour en savoir plus sur les contaminants visés et réduire son exposition

 

Étude de 2019 (tous les résidents du quartier Notre-Dame)

 

Étude de 2018 (enfants de 9 mois à moins de 6 ans)

 

Campagne d’échantillonnage des sols du quartier Notre-Dame

 

Un comité consultatif de suivi de l'étude de biosurveillance

Un comité consultatif de suivi de l'étude de biosurveillance a été mis en place par la Direction de santé publique. Son mandat est de :

  • Permettre à la DSPu de partager l’information relative à ses démarches et d’informer simultanément les principaux groupes concernés ;
  • Poser un regard critique sur les outils élaborés par la DSPu pour informer la population ;
  • Diffuser des informations relatives à l’étude de la DSPu dans les milieux spécifiques des membres ;
  • Recevoir et expliciter les préoccupations citoyennes en lien avec l’étude de la DSPu.

Pour savoir plus, consulter la page du comité consultatif, vous y trouverez notamment les comptes rendus des rencontres.

 

Info Quartier ND

Pour consulter les numéros antérieurs, veuillez consulter le site du comité de liaison de la Fonderie Horne.

 

Liens utiles